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Une scène de soirée éclairée par des projecteurs, devant une haie de verdure
Crédit : Morales Torres / Pexels
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Vidéaste, drone, photoboothLes options de mariage qui valent le coup

On vous proposera les trois. Vous ne pourrez peut-être pas prendre les trois. Voici comment je fais arbitrer mes couples, et l'endroit où je me suis trompée pendant quinze ans.

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Karine me pose la question au troisième rendez-vous, un carnet ouvert devant elle : « Il nous reste une enveloppe qu'on n'a pas affectée. Vidéaste, drone ou photobooth ? »

C'est la question la mieux posée que j'aie entendue cette année-là, parce qu'elle contenait déjà la bonne méthode : une enveloppe connue, trois options, et l'idée qu'on ne prend pas tout.

Elle et Stéphane se mariaient à la Halle des Marronniers, dans le Beaujolais, en septembre. Cent dix invités, un budget correct sans être confortable. Voici ce que je leur ai répondu, et pourquoi ma réponse n'aurait pas été la même dix ans plus tôt.

La vidéo : j'ai longtemps dit l'inverse, j'avais tort

Pendant quinze ans, j'ai conseillé aux couples serrés de sacrifier la vidéo. Mon argument tenait debout : les films des années 2000 étaient interminables, mal montés, avec une musique qui donnait envie de se lever. Personne ne les regardait.

Le métier a changé. Les vidéastes que je croise aujourd'hui livrent un film de trois à six minutes, monté serré, parfois avec un second fichier plus long. Et surtout, ils enregistrent le son.

C'est ça, le point que je n'avais pas compris. Une photo montre le visage de votre père pendant son discours ; la vidéo garde sa voix. Les retours qui me reviennent, deux ou trois ans après, portent toujours sur le son : le discours, les vœux, le rire d'une grand-mère qui n'est plus là.

Alors non, je ne dis plus « sacrifiez la vidéo ». Je dis : si vous en prenez une, prenez-la pour la cérémonie et les discours, et acceptez qu'elle ne couvre pas la soirée entière. Une demi-journée de vidéaste bien placée vaut mieux qu'une journée complète mal financée.

Le vrai critère : allez-vous le regarder ?

Avant de comparer les prix, une question toute bête, à se poser tous les deux, honnêtement.

Chez vous, regardez-vous des vidéos de famille ? Avez-vous déjà revu un film de mariage en entier, celui d'un cousin, d'un ami ? Êtes-vous plutôt du genre à ouvrir un album sur une table basse, ou à faire défiler un téléphone ?

Il n'y a pas de bonne réponse. Il y a la vôtre. Un couple qui n'a jamais regardé une vidéo de sa vie ne regardera pas la sienne, et cet argent-là serait mieux placé ailleurs : dans un album imprimé, dans un deuxième photographe, dans deux heures de plus de reportage le soir.

Karine a répondu qu'elle avait revu quatre fois le film de mariage de sa sœur. La décision était prise avant qu'on ait parlé argent.

Le drone : très joli, souvent surestimé

Voilà l'option sur laquelle je suis la plus tranchée, et ça ne me rend pas populaire.

Un plan de drone, c'est magnifique. Une seule fois. C'est le plan d'ouverture, huit secondes, le lieu et la campagne autour, et il fait très bien son travail. Le problème, c'est qu'un drone ne filme pas des gens : il filme des toits et des points minuscules qui bougent. Il ne raconte rien de votre journée.

Il y a aussi une réalité pratique que les brochures évoquent peu. Le vol de drone est encadré par une réglementation qui évolue : télépilote formé, assurance, parfois autorisation selon la zone. Demandez les justificatifs, et vérifiez auprès du lieu et de la mairie que le vol est possible chez vous : abords d'aéroports, sites classés, zones habitées imposent des contraintes. Ajoutez le vent, qui a annulé deux vols sur mes trois dernières années.

Ma position : le drone est une belle option lorsqu'il s'intègre à une prestation vidéo et que le vidéaste est autorisé à le piloter dans les conditions prévues. Je le déconseille quand il devient une ligne chère à part entière, payée pour quelques secondes d'images.

Tout ça se vérifie au moment de signer, pas la veille : justificatifs, horaires et livrables se lisent dans le contrat, et j'ai détaillé où regarder dans Contrat de prestataire de mariage : cinq clauses à relire avant de signer.

Le photobooth : celui que je défends le plus

Et là, surprise, c'est l'option la moins prestigieuse des trois que je recommande le plus souvent.

Un photobooth (cabine, borne, ou même un simple fond, une caisse d'accessoires et un appareil sur pied avec impression) travaille quatre heures d'affilée, sans vous. Il occupe les gens qui ne dansent pas, il donne quelque chose à faire aux enfants, il fait se mélanger les tables, et il produit des images que votre photographe ne fera jamais : votre oncle et votre patron avec un chapeau ridicule.

Deux conditions, sinon ça ne marche pas. Il doit imprimer sur place : une borne sans impression n'attire personne au bout d'une heure. Et il doit être placé sur le trajet naturel entre la piste de danse et le bar, jamais dans une salle annexe. J'ai vu une très belle cabine mourir de solitude dans un couloir parce que personne ne passait devant.

OptionCoût à demander sur votre devisCe que ça rend
Vidéaste demi-journéeÀ chiffrerCérémonie, discours, son
Vidéaste journée complèteÀ chiffrerLe récit entier
Drone en ligne séparéeÀ chiffrerQuelques plans larges
Photobooth avec impressionÀ chiffrerAnimation et souvenirs imprimés
Deuxième photographeÀ chiffrerDeux points de vue simultanés
Album impriméÀ chiffrerUn objet physique à garder

Je ne remplis pas cette colonne à votre place : ce que je vois passer entre Lyon et la Drôme n'a rien à voir avec la région parisienne ou la côte, et la saison, la durée de présence et les droits d'usage font le reste. Faites chiffrer chaque ligne chez vous, à votre date.

Ces devis d'options, je les garde tous dans la fiche du prestataire concerné, dans Célestin, avec le montant et la date de validité. Pas par manie de classement : parce que les options se décident tard, souvent à J-90, et qu'à ce moment-là on ne sait plus si le photobooth était à 590 € ou à 690 €, ni si le devis expirait en mars. Voir le reste à payer bouger en direct quand on ajoute une ligne, ça évite les décisions à l'aveugle.

Les options dont personne ne parle et qui valent souvent mieux

Trois lignes qui ne figurent sur aucune brochure et que je propose systématiquement.

  • Deux heures de reportage en plus, en fin de soirée. Souvent moins chères qu'une option gadget, et c'est là que se passent les meilleures photos : les gens ont chaud, ils ne posent plus.
  • Le deuxième photographe pendant les préparatifs. Deux lieux en même temps, deux ambiances. Marion, photographe, travaille en duo pour ça et me dit que c'est le meilleur rapport qualité-prix de sa grille.
  • L'album papier. Je sais, ça paraît vieux. Mais dix ans après, le fichier est sur un disque dur que personne ne branche, et l'album est sur une étagère. J'ai marié des couples en 2003 : c'est le seul objet du mariage qui existe encore chez eux.

Payer pour l'usage réel plutôt que pour la brochure, c'est le même réflexe que devant une assiette (voir Traiteur de mariage : le rendez-vous de dégustation, mode d'emploi), et il commence au moment où l'on choisit qui travaillera avec vous : Le carnet d'adresses : comment on choisit un prestataire de mariage.

La question à se poser ce soir

Écrivez le montant que vous n'avez pas encore affecté, et posez-vous une seule question : dans cinq ans, qu'est-ce que je regretterai de ne pas avoir ?

Si la réponse contient une voix, prenez la vidéo. Si elle contient une ambiance, prenez le photobooth ou les heures supplémentaires. Si elle contient un objet, prenez l'album. Si elle contient un joli plan aérien, prenez le drone, et assumez-le : ça aussi c'est une réponse valable.

Karine et Stéphane ont pris la vidéo en demi-journée et un photobooth. Pas de drone. Ils m'ont écrit en janvier qu'ils avaient revu le film onze fois.

Si vous tenez votre budget dans Célestin, ajoutez cette enveloppe d'options comme une ligne à part, dès aujourd'hui. Une enveloppe qu'on voit se remplir se dépense beaucoup mieux qu'une enveloppe qu'on devine.

Sources officielles

  • Ministère de la Transition écologique, Drones, catégorie ouverte : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/exploitation-drones-categorie-ouverte

Cet article fait partie du dossier

Choisir ses prestataires sans se tromper

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.

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