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PrestatairesCélestin8 min de lecture
Sur une table de travail, un portfolio ouvert, une liste de prestataires à cocher, des échantillons de tissu et un ordinateur montrant des photographies de réception
Prestataires

Le carnet d'adressesComment on choisit un prestataire de mariage

Je vais commencer par une bêtise que j'ai faite. En 2011, j'ai recommandé un traiteur à un couple sur la seule foi de ses photos et d'un déjeuner très agréable. Le jour J, il est arrivé avec deux personnes de moins que prévu. Le service a duré une heure de trop. J'ai payé cette erreur en nuits blanches, et le couple en souvenirs.

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Ce que je n'avais pas fait : appeler ses anciens clients. Pas ses références choisies, ses clients. J'avais aimé l'homme et j'avais confondu ça avec un dossier.

Depuis, j'ai une méthode. Elle n'est pas glamour, elle prend une heure par prestataire, et elle m'a évité à peu près tous les désastres que je vois arriver ailleurs.

Un portfolio montre le meilleur jour d'un prestataire, pas son pire

Regardez bien un portfolio de photographe, de fleuriste, de décorateur. Vous voyez trente images. Elles sortent de peut-être quarante mariages. C'est-à-dire moins d'une image par mariage.

Ce n'est pas de la triche, c'est du métier : tout le monde met en avant ses meilleures réalisations. Mais ça veut dire qu'un portfolio répond à la question « de quoi est-il capable au sommet ? » alors que la question qui compte, pour vous, c'est « à quoi ressemble sa journée moyenne ? ».

Alors demandez autre chose. Une seule phrase, et elle est redoutable : « Pouvez-vous me montrer un mariage entier ? » Une galerie complète, du matin au dernier morceau. Un vrai devis complet d'un autre mariage, anonymisé. Une prestation du début à la fin.

Les bons disent oui tout de suite. Certains disent oui avec une précaution honnête : « attention, la lumière était affreuse ce jour-là ». Ceux-là sont souvent les meilleurs. Ceux qui esquivent vous ont donné leur réponse.

Les signaux faibles du premier échange

Avant même de parler prix, il y a quatre choses que j'observe. Elles ne trompent presque jamais.

  • Le délai de réponse. Pas la vitesse, la régularité. Quelqu'un qui répond en 48 heures à chaque fois est plus fiable que quelqu'un qui répond en dix minutes puis disparaît neuf jours.
  • Les questions qu'il pose. Un bon prestataire vous interroge avant de vous vendre. Combien d'invités, quel horaire, quel lieu, y a-t-il un plan pluie, qui d'autre travaille ce jour-là. S'il ne vous pose aucune question et vous envoie un tarif, il vend un produit, pas une prestation.
  • Ce qu'il refuse. Méfiez-vous de celui qui dit oui à tout. Sylvie, traiteure avec qui je travaille depuis douze ans, refuse de faire un service à l'assiette pour 180 personnes dans une salle sans office. Elle le dit franchement, quitte à perdre le contrat. C'est exactement pour ça que je l'appelle.
  • Comment il parle de ses confrères. Un prestataire qui démolit systématiquement les autres est un prestataire qui, un jour, parlera de vous comme ça.

Hugo, le jeune planner que je forme, m'a fait remarquer que je surinterprète parfois. Il a raison sur un point : un artisan formidable peut être mauvais en emails. Le fond compte plus que la forme. Mais un mariage se joue à quinze prestataires qui doivent se coordonner, et la coordination passe par des mails. On ne peut pas complètement l'ignorer.

Les références : appelez, ne lisez pas

Les avis en ligne servent à repérer les catastrophes, rarement à distinguer le bon de l'excellent. Ce qui distingue, c'est un coup de téléphone.

Demandez trois contacts de couples mariés dans les douze derniers mois. Trois, pas un. Et posez ces questions-là, dans cet ordre :

  1. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose d'imprévu, et comment il a réagi ?
  2. Y a-t-il eu un écart entre le devis et la facture finale ? De combien, et pourquoi ?
  3. À quelle heure est-il arrivé, à quelle heure est-il parti ?
  4. Est-ce que vous le reprendriez ?

La question 1 est celle qui compte. Personne ne fait un mariage sans incident. Ce que vous cherchez à savoir, ce n'est pas s'il y a eu un problème, c'est comment il a été traité. Un couple qui vous dit « il y a eu un souci de four et on ne l'a su qu'après » vient de vous décrire le prestataire idéal.

Si un de ces appels vous glace le sang, vous n'êtes pas démuni pour autant : j'ai raconté ailleurs comment on récupère un prestataire qui annule à trois semaines, et à quel rythme on relance sans harceler.

Le devis est un test de caractère

Je l'ai écrit ailleurs et je le redis : un devis raconte plus qu'un site internet. Ce que je regarde en premier, ce n'est pas le total.

Ce qui doit y figurer noir sur blanc : le nombre exact de personnes présentes le jour J et leurs horaires ; ce qui se passe en cas de dépassement horaire, avec le tarif ; les frais de déplacement et de repas de l'équipe ; le calendrier des acomptes ; la clause d'annulation dans les deux sens ; et le nom d'un remplaçant en cas d'empêchement.

Ce qui n'y figure presque jamais et qu'il faut demander : la casse et les objets perdus, les heures d'installation et de démontage, la fourniture d'électricité, et ce qui se passe si vous réduisez le nombre d'invités de quinze personnes à un mois du jour J.

Un devis d'une ligne à 4 200 euros, ce n'est pas de la simplicité. C'est un flou qui se paiera quelque part.

Le feeling compte, mais il vient en dernier

Salomé et Théo ont visité le Clos Saint-Fiacre en Anjou un samedi de mars, et ont adoré leur fleuriste dès la première poignée de main. Adorable, drôle, plein d'idées. Ils voulaient signer le jour même.

Je leur ai demandé d'attendre une semaine et de passer les trois appels de références. Le fleuriste a été excellent. Rien à signaler. Mais un des couples a mentionné qu'il livrait très tôt et repartait immédiatement, donc pas de retouche possible après la cérémonie. Détail minuscule, sauf que Salomé et Théo voulaient réutiliser les compositions de la cérémonie pour la salle. On a ajouté une ligne au devis. Trente minutes de présence en plus, 120 euros, et un problème évité.

Le feeling ne se discute pas : vous allez passer des mois avec ces gens, et le jour J, quelqu'un que vous n'aimez pas dans la pièce, ça se sent. Mais le feeling est un critère d'élimination, pas un critère de sélection. On élimine ceux avec qui on ne se sent pas bien. On choisit ensuite sur les faits.

C'est aussi à ce moment que le suivi devient ingérable dans la tête. Cinq prestataires en cours, deux qui n'ont pas renvoyé leur devis, un contrat signé qu'on ne retrouve plus. Mes couples tiennent ça dans le carnet de prestataires de Célestin, avec les statuts (devis, relancé, confirmé) et les documents rangés sous chaque fiche. La différence avec un tableur, ce n'est pas l'esthétique : c'est qu'on voit immédiatement qui attend une réponse de vous, et depuis combien de temps. C'est presque toujours ça qui bloque.

Les cinq drapeaux rouges

Je m'arrête net devant l'un de ces cinq-là, quelle que soit la qualité du travail.

  • Aucun contrat écrit, ou un contrat de moins d'une page.
  • Un acompte supérieur à 50 % demandé plus de six mois avant.
  • Un refus de communiquer des références clients.
  • Une adresse professionnelle et un numéro de SIRET introuvables.
  • Un discours qui vous met la pression sur une « dernière date disponible ».

Ce dernier point mérite un mot. Farid, qui loue du matériel dans la vallée du Rhône, me disait cet été : « Quand je dis à un client que la date part, c'est vrai une fois sur trois. Chez certains, c'est vrai zéro fois sur trois. » Prenez toujours vingt-quatre heures. Un prestataire sérieux vous les accorde sans broncher.

Trois phrases à retenir

Choisissez sur les faits, éliminez sur le feeling, jamais l'inverse.

Un incident bien géré vaut mieux qu'un dossier sans incident, parce que le vôtre en aura un.

Et ce que vous n'avez pas écrit n'existe pas : même avec les gens que vous aimez beaucoup. Les deux rendez-vous où cette méthode se joue vraiment, je les ai détaillés à part : la dégustation traiteur et le premier échange avec un photographe.

Si vous en êtes à comparer quatre devis dans quatre onglets, offrez-vous une heure pour tout rassembler au même endroit. Célestin est fait pour ça, et cette heure-là vous en fera gagner dix.

Cet article fait partie du dossier

Choisir ses prestataires sans se tromper

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.