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PrestatairesCélestin8 min de lecture
Vue du dessus : un couple allongé dans l'herbe, la robe et le voile déployés en cercle parmi les feuilles d'automne
Crédit : Pixabay / Pexels
Prestataires

Photographe de mariageLes questions qui font la différence

Un appel, un mardi d'octobre. Delphine, mariée quatorze mois plus tôt. Voix polie, très calme, et une phrase : « On n'a toujours pas les photos. » Ils avaient reçu vingt images en aperçu, trois semaines après le mariage. Depuis, rien. Le photographe répondait une fois sur cinq.

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Ils ont fini par les recevoir, dix-neuf mois après. Le contrat ne mentionnait aucun délai. Aucun. Personne ne l'avait remarqué, moi comprise, parce qu'ils avaient choisi seuls et que je n'étais entrée sur le dossier qu'à J-90.

Depuis, je fais lire trois paragraphes à tous mes couples avant qu'ils signent avec un photographe. Le style, ils savent le juger tout seuls. Le reste, non.

Vous n'achetez pas des photos, vous achetez des heures

Sur un devis photo, la ligne qui commande le prix n'est pas le nombre d'images livrées : c'est l'amplitude horaire.

Un forfait « préparatifs, cérémonie, cocktail » s'arrête souvent à 19 heures. Le repas et la soirée sont une autre ligne. Et « jusqu'à l'ouverture de bal » n'est pas « jusqu'à 1 heure du matin ». J'ai vu trois couples se rendre compte à 22 h 30 que leur photographe rangeait son sac, parce qu'ils avaient lu le devis en diagonale six mois plus tôt.

Je ne donnerai pas de fourchette de prix, et ce n'est pas de la coquetterie : les tarifs varient selon la région, l'expérience, la durée de présence, le nombre d'images, la saison et la présence d'un second photographe. Un seuil trouvé en ligne ne dira rien de votre devis. Comparez trois offres à périmètre identique, et faites préciser ce qui est inclus : heures, déplacement, galerie, album, second photographe, délai et droits d'usage.

Alors la première question à poser n'est pas « combien ? » mais : « À quelle heure arrivez-vous, à quelle heure partez-vous, et que se passe-t-il si on dépasse ? » Avec le tarif horaire du dépassement écrit noir sur blanc. C'est la même logique que pour tout autre corps de métier, détaillée dans le carnet d'adresses.

Le mot « reportage complet » ne veut rien dire

Il faut le décomposer, moment par moment :

  • Les préparatifs : les deux côtés, ou un seul ? Un photographe seul ne peut pas être à deux endroits. Si vous vous préparez dans deux maisons distantes de vingt minutes, il faut un second photographe, ou renoncer à l'un des deux.
  • La cérémonie : où a-t-il le droit de se placer ? À l'église, certains lieux imposent des restrictions strictes. Il doit le savoir avant, pas le découvrir.
  • Les photos de groupe : combien de temps y consacre-t-il, et qui appelle les gens ? Ce n'est pas son métier de crier des noms dans un jardin.
  • Le repas : reste-t-il pendant le service ? Un photographe qui mange en même temps que vos invités est un photographe qui ne photographie personne pendant quarante minutes, et c'est très bien. Mais il faut prévoir son repas : c'est une ligne à poser sur la table au moment de la dégustation traiteur.
  • La soirée : jusqu'où, avec quelle lumière, et éclaire-t-il ou pas ?

Marion, qui photographie des mariages depuis vingt ans et me contredit une fois par mois, insiste sur un point auquel je ne pensais pas : « Ne me demandez pas de couvrir quatorze heures. Demandez-moi de couvrir les huit bonnes. Un photographe fatigué à minuit fait des images fatiguées. » Elle a raison. Sur les mariages récents où j'ai réduit l'amplitude et ajouté un second photographe sur le créneau chargé, les galeries étaient meilleures.

Les droits d'utilisation : le paragraphe que personne ne lit

Celui-là, je vous demande de le lire à voix haute, tous les deux, avant de signer.

Le photographe reste auteur de ses images. C'est le droit français, et c'est normal. Ce que vous achetez, c'est une licence d'utilisation. Trois questions à poser, et je veux les réponses par écrit :

Que puis-je faire de mes photos ? Impression, tirages, album, publication sur vos réseaux personnels : ça doit être explicitement autorisé, sans limite de durée ni de nombre. Certains contrats limitent encore les tirages. Fuyez.

Que peut-il faire des miennes ? La plupart des photographes souhaitent publier vos images sur leur site, leur portfolio, leurs réseaux, parfois dans un magazine ou un concours. C'est légitime. Mais vous pouvez refuser, restreindre (pas de visage d'enfant, pas la cérémonie, pas de publication avant six mois) ou accepter entièrement. Écrivez-le. J'ai eu un couple, médecin et enseignante, très gêné de découvrir leur baiser en bannière d'un site.

Marion trouve que je braque les couples là-dessus, et elle me l'a dit sans détour : « Mon portfolio, c'est mon gagne-pain. Si tu m'interdis tout, je ne peux plus montrer mon travail à personne. Négocie, ne bloque pas. » Elle a raison sur le principe. Le bon accord, c'est celui qu'on écrit tous les deux avant, pas celui qu'on découvre après.

Et la retouche ? Combien d'images retouchées, à quel niveau, et recevez-vous les fichiers en pleine définition. Sur les fichiers bruts, la réponse est presque toujours non, et c'est justifié : un négatif ne se vend pas.

Les délais : ce qui est normal et ce qui ne l'est pas

Voici les ordres de grandeur que je considère sains, et que je fais inscrire au contrat.

LivrableDélai raisonnableÀ partir de quand je m'inquiète
Aperçu (30 à 60 images)2 à 3 semainesAu-delà de 5 semaines
Galerie complète retouchée6 à 12 semainesAu-delà de 4 mois
Album imprimé3 à 6 mois après validationAu-delà de 9 mois
Vidéo (si vidéaste)3 à 5 moisAu-delà de 8 mois

Attention à un piège de calendrier : un photographe qui shoote de mai à septembre livre ses mariages d'été en hiver. Un mariage de juin peut légitimement être livré en novembre. Demandez-lui combien de mariages il fait dans l'année et à quel moment tombe le vôtre dans sa file. Les honnêtes vous le disent sans détour.

Ajoutez une clause de sauvegarde : combien de temps conserve-t-il vos fichiers, et où. La bonne réponse contient le mot « double ». Deux disques, ou un disque et un cloud. Et téléchargez vos images dès réception, sur deux supports à vous. Une galerie en ligne n'est pas un archivage. Les autres clauses que je relis avant une signature sont ici ; et si vous hésitez à ajouter un vidéaste ou un drone, j'ai fait le tri.

Le rendez-vous, la séance, le repérage

Une mariée que j'ai accompagnée l'an dernier détestait être photographiée, au point d'en perdre le sommeil. Ils ont fait une séance d'engagement trois mois avant, dans un parc près de chez eux. Deux heures plus tard, elle avait compris comment son photographe fonctionnait, et lui avait compris qu'elle riait dès qu'on lui parlait de son chien. Le jour J, ça se voit sur toutes les images.

Je ne recommande pas cette séance à tout le monde : c'est une ligne de plus, et beaucoup de couples n'en ont pas besoin. Mais si l'un de vous deux est mal à l'aise devant un objectif, c'est le meilleur argent que vous mettrez dans la photo.

Le repérage, en revanche, je le demande toujours. Une visite du lieu, ou à défaut un appel de vingt minutes avec des photos et l'horaire du coucher du soleil ce jour-là. C'est comme ça qu'on décide de faire le couple à 19 h 10 et pas à 17 h.

Gardez tout ça au même endroit. Le contrat signé, les horaires convenus, la liste des photos de groupe, la date d'aperçu promise : dans le carnet de prestataires de Célestin, chaque fiche porte son statut (devis, relancé, confirmé) et ses documents. Quand vous relancez un photographe silencieux à J+70, vous voulez pouvoir citer la clause exacte sans passer une soirée à fouiller vos mails. Ça change le ton de l'échange, et la réponse.

Avant de signer, quatre lignes à surligner

Prenez le contrat qu'on vient de vous envoyer et cherchez ces quatre choses. Si l'une manque, écrivez au photographe ce soir.

  1. Heure d'arrivée, heure de départ, tarif de dépassement.
  2. Délai de livraison de l'aperçu et de la galerie complète, en semaines.
  3. Ce que vous pouvez faire des images, et ce qu'il peut faire des vôtres.
  4. Le nom d'un remplaçant en cas de maladie, et qui le paie.

Delphine et Olivier ont fini par avoir de très belles photos. Ils ne les regardent presque jamais. C'est ça, le vrai coût d'un contrat mal écrit.

Rangez le contrat dès qu'il est signé, avec la date d'aperçu attendue en échéance. Dans Célestin, ça prend deux minutes et ça vous évite l'appel du mardi d'octobre.

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Choisir ses prestataires sans se tromper

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.