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BudgetCélestin8 min de lecture
Gros plan d'une table dressée : verres gravés, petites fleurs et assiettes anciennes
Crédit : Helin Gezer / Pexels
Budget

Budget de mariageLes huit lignes que tout le monde oublie

Un mardi de juin, 22 h 47. Sarah m'appelle. Elle ne pleure pas, mais sa voix a cette qualité particulière des gens qui viennent d'additionner quelque chose. « Evelyne, il nous manque 2 800 €. Et je ne comprends pas d'où ils sortent. »

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Moi je comprenais très bien. Sarah et Malik se mariaient dix-neuf jours plus tard, quatre-vingt-dix invités, dans une bastide de l'arrière-pays varois. Leur budget était sérieux, tenu, révisé trois fois. Il lui manquait seulement huit lignes.

Ce sont toujours les mêmes huit. Je les connais par cœur. Aucune n'est une arnaque : elles n'apparaissent sur aucun devis parce qu'elles n'appartiennent à personne. Elles vivent dans l'espace entre deux contrats. Le traiteur pense que le lieu vous l'a dit, le lieu pense que c'est évident, et vous découvrez la chose trois semaines avant, quand plus rien ne se négocie.

Vous ne trouverez pas de moyenne nationale dans cet article, et c'est volontaire : celles qui circulent ne vous diront rien de votre bastide, de votre mois, de votre traiteur. Ce que je peux faire, c'est vous montrer les huit endroits où regarder.

1. Les repas des prestataires

Votre photographe, votre vidéaste, votre DJ, votre officiante, vos musiciens, votre planner : ils sont chez vous de 13 h à 3 h du matin. Ils mangent. C'est écrit dans leur contrat, en petit, souvent sous la formule « prévoir un repas chaud ».

Le traiteur facture ces repas à un tarif distinct du menu invité. Demandez ce prix dans le devis, puis comptez toutes les personnes présentes pendant le service : photographe, vidéaste, DJ, musiciens, coordination, sécurité. Ce sont quelques repas seulement, mais c'est précisément le genre de ligne qu'on oublie.

2. Les boissons hors forfait et le droit de bouchon

Deuxième classique. Le devis traiteur dit « boissons non comprises » et vous fournissez le vin, très bien. Mais vérifiez le droit de bouchon : selon le lieu ou le traiteur, le service, les verres, le froid et la manutention peuvent être facturés en plus. Le bon chiffre n'est pas une moyenne trouvée en ligne, c'est celui écrit noir sur blanc dans votre devis.

Et le champagne du toast n'est presque jamais dans la formule de base. Ni les softs de la piste de danse à 1 h du matin, quand tout le monde a soif.

3. Les heures supplémentaires

Votre soirée est prévue jusqu'à 2 h. À 1 h 45, la piste est pleine. Vous demandez une heure de plus.

Cette heure coûte trois fois : le lieu, le DJ et le personnel de service s'il est encore là. Demandez donc le prix exact dans le devis initial et comparez-le au coût d'une décision de dernière minute, sans supposer qu'un rabais sera toujours possible.

Djamel, mon DJ, n'est pas d'accord avec moi sur ce point et je le cite parce qu'il a raison à sa manière : « Arrête de leur dire de tout figer en janvier. Une heure de plus décidée sur le vif, c'est la meilleure heure de la soirée. » Il a raison sur la soirée. Il a tort sur la facture. Faites les deux : prévoyez le prix à la signature, et gardez-vous le droit de dire oui à 1 h 45.

Une demande de ce genre passe d'ailleurs infiniment mieux six mois avant que six minutes avant, et j'explique pourquoi dans Négocier sans froisser.

4. Le transport et l'hébergement des prestataires

Si vous vous mariez à plus d'une heure de route de vos prestataires, regardez la ligne « frais de déplacement ». Elle existe presque toujours, et elle est parfois plafonnée, parfois pas.

Prenez un exemple simple : si votre équipe photo vient d'une autre ville et doit dormir sur place, vous cumulez kilomètres, péages et une nuit d'hôtel. Multipliez cette logique par chaque prestataire concerné : Sarah et Malik en avaient trois. Le bon réflexe est de demander dès le départ ce qui est inclus, ce qui est plafonné et ce qui sera remboursé sur justificatif.

5. La caution, la casse et le nettoyage de fin

La caution n'est pas une dépense, sauf si une partie est retenue. Relisez les conditions prévues pour la casse, le ménage, les déchets ou les dégradations. Ce n'est pas agréable à budgéter, mais c'est plus simple que de découvrir la règle à l'état des lieux, un dimanche matin, avec deux heures de sommeil.

Le ménage de fin, lui, est une vraie dépense. Beaucoup de lieux le facturent d'office, 200 à 600 € selon la surface. Certains l'incluent. Lisez.

6. Les pourboires et les remerciements

Sujet français, sujet gênant. Le pourboire n'est pas obligatoire chez nous, et personne ne vous en voudra de ne pas en donner.

Vous aurez peut-être envie de remercier l'équipe de salle qui a tenu quatorze heures debout, ou le DJ qui a joué une heure de plus sans compter. Cela peut être une enveloppe, un cadeau ou un simple message. Fixez votre choix à l'avance, pour ne pas décider dans la fatigue à 3 h du matin devant un serveur épuisé.

7. Les essais, les retouches, les allers-retours

La robe coûte ce qu'elle coûte, mais les retouches sont souvent facturées à part. Même chose pour l'essai coiffure-maquillage, une dégustation supplémentaire, les trajets, les péages, les récupérations de matériel. Aucun de ces montants ne paraît énorme pris seul ; ensemble, ils font une vraie ligne. Ajoutez-la dès maintenant sous le nom « essais, retouches et déplacements », puis remplacez l'estimation par vos factures.

C'est le poste le plus invisible de tous, parce qu'il se paie en petites fois. Trente euros ici, quatre-vingts là. Aucune de ces sommes ne mérite qu'on ouvre un tableur, et c'est exactement pour ça qu'elles finissent à mille euros.

8. Le lendemain

Il existe. Il coûte. Le brunch, une nuit d'hébergement supplémentaire, le camion à rendre avant midi, le pressing, les derniers taxis : le lendemain a son propre petit budget. Personne ne le provisionne, tout le monde le vit, et je lui ai consacré un guide entier : Le lendemain : brunch, rangement, restitutions.

Le récapitulatif que je donne à mes couples

Ligne oubliéeRepère à chiffrer avec vos devis
Repas prestataires150 à 450 €
Droit de bouchon, softs, toast400 à 1 500 €
Heures supplémentaires0 à 900 €
Déplacement et nuitées prestataires0 à 700 €
Ménage, casse, retenue de caution200 à 900 €
Pourboires0 à 400 €
Essais, retouches, trajets400 à 1 100 €
Lendemain300 à 1 500 €

Ces fourchettes sortent de mes dossiers, pas d'une étude. Gardez la structure du tableau ; les vrais montants viendront de vos devis. Ce qu'un devis contient et ce qu'il laisse dehors, c'est tout le sujet de Lire un devis de prestataire comme une pro.

Chez mes couples, ces huit lignes ne sont pas des post-it. Ce sont huit lignes provisionnées dans l'onglet Budget de Célestin, avec un montant estimé dès le premier mois. L'intérêt, par rapport au tableur qu'on partage et qu'on n'ouvre plus, c'est que le reste à payer intègre ces provisions en permanence : vous ne voyez jamais un solde rassurant qui oublie 2 800 € de dépenses réelles. Sarah aurait dormi, ce mardi de juin.

À faire ce soir, en vingt minutes

Ouvrez vos devis signés. Cherchez trois mots : « non compris », « en sus », « le cas échéant ». Notez tout ce que vous trouvez. Puis ajoutez les huit lignes ci-dessus à votre budget, même avec des montants au doigt mouillé.

Le total sera peut-être désagréable à regarder. C'est le but, et c'est bien mieux maintenant qu'à dix-neuf jours. Sarah et Malik s'en sont sortis, d'ailleurs : ils ont retiré une entrée de la formule, remplacé le champagne par un crémant et supprimé la voiture ancienne. Leur mariage était magnifique, et je vous jure que personne, jamais, ne m'a parlé de la voiture.

Si l'écart reste trop grand, les vrais leviers sont plus haut, dans Mariage avec un budget serré ; et la ventilation complète du reste est dans Le budget réel d'un mariage.

Célestin sait garder ces provisions à côté des vrais devis, sans que vous ayez à y penser. C'est tout ce que je lui demande.

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Cet article fait partie du dossier

Le budget d'un mariage, de la première enveloppe au dernier solde

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.