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Jour JCélestin8 min de lecture
Les mariés à bord d'un bateau sur un lac, la robe étalée sur le pont
Crédit : Arthur / Pexels
Jour J

Le lendemain du mariageBrunch, rangement, restitutions

Un dimanche de juillet, neuf heures dix, au Domaine de la Rivoire. La mère du marié balayait la terrasse, encore dans sa robe de la veille, ses escarpins à la main. Personne ne lui avait rien demandé. C'est exactement le problème.

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Sixtine et Édouard s'étaient mariés là la veille. Cent dix invités, un rétroplanning de dix-huit mois, un déroulé minuté, un plan pluie. Et rien, absolument rien, pour le dimanche. À onze heures, Édouard chargeait des cageots de bouteilles vides dans sa voiture, encore en pantalon de costume, parce que le point de collecte du village fermait à midi et que la restitution de la caution dépendait du tri.

Je vois ça sur un mariage sur deux. On construit une journée avec la précision d'un lancement de fusée, puis on laisse le lendemain à l'improvisation. Il se fait quand même : par les parents, par les témoins, par les deux amis qui n'ont pas bu, et souvent par les mariés eux-mêmes, dans l'état exact où l'on casse des choses.

Le lendemain n'est pas une queue de comète : c'est une demi-journée d'organisation, et elle demande une heure de préparation, prise deux mois avant. Elle se pose avec qui fait quoi le jour J quand on n'a pas de planner, et juste après le tempo du repas et de la soirée : c'est l'heure de fin de la fête qui décide de l'heure de début du dimanche.

Ce que le contrat dit vraiment sur l'heure de sortie

Sortez votre contrat de lieu et cherchez trois lignes, ce soir plutôt que la veille.

La première : l'heure de fin de la location. Beaucoup de couples lisent « jusqu'au dimanche 12 h » et comprennent « on commence à ranger avant midi ». Sur une bonne partie des contrats que je relis, la formule signifie l'inverse : lieu vidé, déchets sortis, mobilier remis en place à midi. Vérifiez la formulation exacte, et ce qui est prévu en cas de dépassement : c'est presque toujours une pénalité horaire, et elle n'est pas symbolique.

La deuxième : ce qui est inclus dans le ménage. Certains lieux le font, d'autres facturent une remise en état en supplément, d'autres encore l'incluent mais excluent le tri des déchets, les décorations fixées aux murs, la cire et les confettis. Demandez par écrit ce qui doit être rendu propre, retiré ou trié avant l'état des lieux. La cire et les confettis sont, de loin, les deux motifs de retenue que je vois passer le plus souvent. Bien avant la casse.

La troisième : l'état des lieux de sortie. Qui le fait, avec qui, à quelle heure. S'il n'est pas prévu, demandez-le par écrit avant le mariage. Un état des lieux contradictoire signé le dimanche matin, photos à l'appui, c'est votre seule protection quand une chaise cassée réapparaît trois semaines plus tard.

Le rangement : trois heures, pas trente minutes

Voici une estimation de charge pour un mariage de cent à cent trente personnes dans un lieu nu ou semi-équipé. Des repères d'organisation, à ajuster à votre contrat, au mobilier loué et à ce qui peut rester sur place.

PosteTemps à estimerCombien de personnes prévoir
Débarrasser tables, verres, bouteilles, tri60 à 90 min4 à 6
Décoration : dépose, tri, emballage45 à 75 min2 à 3
Mobilier remis en place30 à 45 min3 à 4
Chargement des véhicules45 à 60 min3
Sols, sanitaires, poubelles sorties45 min2

Additionnez : près de quatre heures, et plus de cinq dans le pire des cas, si tout se fait à la suite. Avec six personnes valides qui se répartissent les postes, comptez trois heures trente à quatre heures. Avec deux, comptez la journée. Et les six personnes valides du dimanche matin ne sont jamais celles qui ont dansé jusqu'à quatre heures.

D'où la règle que je donne à tous mes couples : le rangement ne se recrute pas le dimanche matin, il se recrute à J-30, nommément, par message, en disant ce qu'il y aura à faire. « Peux-tu être là de 9 h à 12 h pour aider à rendre le matériel ? » se fait. « Un coup de main dimanche ? » ne s'exécute jamais.

Les meilleurs noms de mon carnet : les cousins de trente ans, les oncles bricoleurs, les collègues qui adorent avoir un rôle. Les moins bons : les témoins (toujours les plus fatigués) et les parents, qu'il faut plutôt aller asseoir avec un café.

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Le vrai piège n'est pas le rangement, c'est ce qui doit repartir, et quand.

Le matériel loué a des dates et des conditions de retour contractuelles, souvent le lundi avant midi. La vaisselle se rend rincée : Farid facture au couvert rendu sale, et sur trois cents assiettes l'addition monte vite. Les fûts consignés repartent avec la tireuse et le tuyau. Les vêtements loués ont une fenêtre de quarante-huit à soixante-douze heures. Et les vases empruntés à une amie se rendent aussi.

Faites une liste écrite avant le mariage. Une seule, quatre colonnes : quoi, à qui, avant quand, qui s'en charge. Nommez quelqu'un pour chaque ligne. Pas « nous ». Une personne, avec son prénom.

C'est exactement le genre de liste qui, sur mes dossiers, vit dans Célestin plutôt que sur un papier collé au frigo. Pas pour la beauté du geste : parce que chaque restitution y devient une tâche datée, assignée à quelqu'un, avec un rappel qui part tout seul le lundi matin, pendant que le couple dort ou prend un train. Le bénéfice réel, c'est de ne plus y penser dans une tête qui, ce week-end-là, ne pense plus.

Le brunch : trois formats, trois budgets

Le brunch du lendemain n'est pas obligatoire. Je le dis parce qu'on culpabilise beaucoup les couples là-dessus.

Le format traiteur sur place est le plus confortable, mais il impose que la salle soit rangée avant, ou que le brunch se tienne ailleurs. Sylvie, la traiteure avec qui je travaille le plus, refuse désormais de dresser un brunch dans une salle qui n'a pas été débarrassée la veille au soir. Elle a raison, et ça change tout l'ordre des opérations du samedi minuit.

Le format restes de la veille est le plus fréquent et le plus intelligent : on demande au traiteur, dans le contrat, de laisser les surplus au frais. Les règles d'hygiène encadrent ça ; certains traiteurs l'acceptent par écrit, d'autres le refusent absolument. Posez la question à la signature, pas le samedi soir.

Le format auberge espagnole, enfin : chacun apporte quelque chose, on sort trois tables, on boit du café. C'est celui dont les couples me reparlent le plus longtemps après, parce qu'il ne cherche plus à impressionner personne. Sixtine et Édouard avaient prévu celui-là et rien d'autre : seize proches autour de tréteaux, les fleurs de la veille dans des bocaux.

Une règle, quel que soit le format : donnez une heure de fin. Un brunch sans heure de fin s'étire jusqu'à seize heures, et le rangement n'a jamais lieu.

Ce que vous ferez le dimanche soir

Trois choses, dans cet ordre, et c'est tout.

  1. Faire l'état des lieux avec le propriétaire, photos à l'appui, et récupérer un écrit, même un simple message, disant que tout est en ordre.
  2. Mettre en sécurité les cadeaux, les enveloppes, le livre d'or et les cartes mémoire du photographe. Chaque année, un couple perd une enveloppe. Chaque année.
  3. Éteindre le téléphone.

Le reste attendra lundi. Les photos attendront deux mois, et les remerciements attendront trois semaines sans que personne s'en offusque.

Sixtine m'a dit, quelques mois après, que la seule heure de son mariage qu'elle referait autrement était celle du dimanche à onze heures : celle où son mari triait du verre pendant qu'elle disait au revoir à ses cousins toute seule.

Alors prévoyez le dimanche pendant que vous êtes reposés, dans le même mouvement que votre déroulé du jour J, parce que la personne qui devra le gérer, dimanche, ne sera pas en état de l'inventer. C'est pour ce genre de demi-journée ingrate que Célestin garde tout au même endroit : vous en aurez fini avant midi, et vous pourrez enfin aller dormir.

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.