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OrganisationCélestin8 min de lecture
Un couple de mariés marche au loin sur le parvis du Trocadéro, face à la tour Eiffel
Crédit : Image Studio / Pexels
Organisation

Combien de temps faut-il vraiment pour organiser un mariage ?

Le téléphone a sonné un dimanche à 21 h 40. Louise, la voix très calme, un peu trop calme : « On se marie le 11 juillet. On est le 3 avril. Est-ce que c'est possible ? »

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Oui, c'était possible. Louise et Baptiste se sont mariés le 11 juillet, quatre-vingt-dix-huit jours plus tard, avec 62 invités au Mas de la Combe, et c'était réussi. Mais cela leur a coûté deux choses : un peu plus d'argent, et beaucoup moins de choix.

C'est toute la question. Le temps, dans un mariage, ne s'échange pas contre du confort. Il s'échange contre du choix. Plus vous avez de mois devant vous, plus vous décidez ; moins vous en avez, plus vous acceptez ce qui reste. Et si les grandes décisions ne sont pas encore posées, la durée ne veut rien dire : commencez par Les six premières décisions, le calendrier viendra après.

Ce qui prend du temps n'est pas ce que vous imaginez

On croit que ce sont les tâches qui prennent du temps. C'est faux. La plupart des tâches d'un mariage prennent une heure ou deux. Ce qui prend du temps, c'est autre chose :

  • L'attente des autres. Un devis met huit à quinze jours à revenir. Une réponse de mairie, trois semaines. Un RSVP de cousin, deux mois et deux relances.
  • La maturation des décisions. Un couple met en moyenne trois semaines entre « on adore ce lieu » et « on signe ». C'est sain. C'est ce délai qui évite les erreurs.
  • Les délais de fabrication. Une robe sur mesure, six à neuf mois avec les retouches. Des faire-part imprimés, trois semaines. Une pièce montée, non : celle-là se fait en deux jours.
  • Les agendas. Le vrai goulot. Ce n'est pas votre temps qui manque, c'est celui des prestataires.

Voici des repères à confirmer prestataire par prestataire : la disponibilité varie fortement selon la région, la saison et le samedi visé.

PrestataireRéservation confirmée, avant le jour J
Lieu très demandé, samedi d'été14 à 20 mois
Photographe reconnu12 à 18 mois
Traiteur10 à 14 mois
DJ ou groupe9 à 14 mois
Officiante de cérémonie laïque6 à 10 mois
Fleuriste4 à 8 mois
Coiffure et maquillage4 à 6 mois
Location de mobilier3 à 6 mois

Regardez la première ligne, et la dernière. Dix-sept mois d'écart. C'est pour cette raison qu'un mariage ne s'organise pas d'un bloc, mais en vagues.

Dix-huit mois : le confort, et son piège

Vous avez tout. Tous les lieux, tous les samedis, tous les photographes. C'est la situation idéale, et c'est aussi celle où je vois le plus de couples s'épuiser.

Parce que dix-huit mois, c'est dix-huit mois de conversations sur le mariage. À partir du dixième mois, la fatigue s'installe : on a tout décidé mais rien n'est encore là, et on continue de remettre en question des choix déjà faits. J'appelle ça le ventre mou. J'ai vu des couples changer trois fois de palette de couleurs entre le mois 14 et le mois 6, pour rien, juste parce qu'ils avaient le temps de douter.

Hugo, le jeune planner que je forme depuis deux ans, trouve que j'exagère : « Dix-huit mois, c'est du confort, on ne va pas leur reprocher d'être en avance. » Il a raison sur le papier, tort dans les faits : le confort ne se stocke pas. Si vous avez dix-huit mois, faites tout ce qui compte dans les six premiers, puis arrêtez-vous. Quatre mois sans parler mariage. C'est une consigne que je donne sérieusement.

Douze mois : le rythme juste

C'est la durée que je recommande, et de loin. Assez longue pour avoir de vrais choix sur les prestataires clés, assez courte pour que l'élan ne retombe pas.

Le rythme naturel se découpe en trois : les quatre premiers mois pour les grandes décisions et les grosses signatures, les quatre du milieu pour le contenu (cérémonie, tenues, décoration, invités), et les quatre derniers pour la logistique et le déroulé. Chaque tiers a son humeur. Le premier est excitant, le deuxième est laborieux, le troisième est nerveux.

Deux choses se font dans le premier mois et conditionnent le reste : compter les invités (la méthode est dans Faire la liste d'invités avant le lieu) et poser trois week-ends candidats plutôt qu'une date (c'est le sujet de Choisir sa date). Le calendrier complet est déroulé mois par mois dans Le rétroplanning en 12 mois.

Huit mois : serré, mais très faisable

Huit mois, c'est vivable si vous acceptez une chose : le lieu et la date ne se choisiront pas, ils se trouveront. Vous prendrez ce qui est libre, et il y a toujours quelque chose de libre.

Ce qui saute en premier à huit mois : le samedi d'été, les photographes très demandés, la robe sur mesure. Ce qui ne saute pas du tout : la qualité du repas, la beauté du lieu, l'émotion de la cérémonie. Autrement dit, vous perdez du prestige et vous ne perdez presque rien de ce qui fait vraiment la journée.

À huit mois, il faut décider vite et peu. Deux visites de lieux maximum, pas huit. Deux photographes rencontrés, pas six. La lenteur du choix est un luxe que vous n'avez plus.

Trois mois : oui, et voici le prix

Louise et Baptiste, donc. Voilà ce que ces quatre-vingt-dix-huit jours ont impliqué.

Le lieu : le quatrième appelé, un mardi, disponible parce qu'un autre couple s'était désisté. La date était imposée. Le traiteur : celui du lieu, sans dégustation préalable (j'ai goûté à leur place, sur un autre mariage). La robe : en boutique, taille disponible, deux retouches. Les faire-part : envoyés par mail, puis un carton papier reçu après le mariage, pour le souvenir. Le photographe : Marion, ma photographe de toujours, était libre parce qu'un mariage avait basculé au samedi suivant. Pur hasard.

Le surcoût : environ 8 %, en frais d'urgence, de livraisons rapides et de choses achetées faute d'avoir le temps de louer. Le gain : ils n'ont eu ni le temps ni la place de douter. Louise m'a dit après coup que c'était le seul avantage réel.

Un point ne se rattrape pas, et c'est le premier à régler, avant même le lieu : la mairie. Le dossier de mariage se dépose plusieurs semaines avant la date, parce que la mairie doit l'instruire puis publier les bans, qui restent affichés au moins dix jours. Les pièces et les délais sont détaillés sur service-public.fr ; appelez votre mairie dès la première semaine.

À trois mois, la seule méthode qui tient, c'est de trancher chaque question dans les quarante-huit heures, sans exception. Une décision reportée, à ce stade, est une décision perdue.

Le temps que ça vous prend, à vous, en heures

Organiser un mariage représente beaucoup d'heures de recherche, de comparaison et de coordination, et je me garderai d'annoncer un chiffre universel : le total dépend trop du format. Un planner ne fait pas disparaître ce travail, il en absorbe une partie et supprime les allers-retours inutiles. Le bon indicateur, c'est le nombre de sujets encore ouverts chaque semaine.

Comptez tout de même quelques heures par semaine, tous les deux, pendant un an, en plus de vos vies. Le savoir à l'avance change la façon dont on s'organise à deux, et c'est tout le sujet de Se répartir les rôles à deux sans se disputer.

C'est aussi la raison pour laquelle je ne travaille plus avec des listes de tâches sur papier. Quand le temps est votre ressource rare, ce que vous voulez voir, ce n'est pas la liste de tout ce qui reste : c'est ce qui doit être fait cette semaine-là, et rien d'autre. Célestin trie mes couples de cette façon, avec les échéances et les relances qui remontent d'elles-mêmes. Un carnet ne trie rien ; il vous montre toujours les cent tâches à la fois, et c'est décourageant.

Une question à vous poser ce soir

Pas « est-ce qu'on a assez de temps ? ». Plutôt : « qu'est-ce qu'on est prêts à ne pas choisir ? »

Si la réponse est « rien, on veut tout choisir », il vous faut douze à dix-huit mois. Si la réponse est « le lieu et le photographe, le reste on suivra les conseils », huit mois suffisent largement. Et si vous répondez « on veut juste se marier bien, vite, entourés », trois mois vous mèneront à une très belle journée, un peu plus chère, avec beaucoup moins de nuits blanches que vous ne le craignez.

Quand vous saurez de combien de mois vous disposez, Célestin sait dérouler le rétroplanning correspondant. Le plus utile reste d'écrire la date au crayon et de compter les semaines à la main. Ça remet les idées en place.

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Cet article fait partie du dossier

Le rétroplanning : décider dans le bon ordre

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.