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Invités & RSVPCélestin8 min de lecture
Un couple de mariés devant la pyramide du Louvre, un jour de pluie
Crédit : Elif Cifci / Pexels
Invités & RSVP

Site de mariageLes informations qui doivent y être, et celles qui n'y ont rien à faire

Un dimanche d'octobre, 21 h 30, Constance me partage son écran. Dix-sept rubriques dans le menu de son site : « notre histoire », « nos voyages », « nos chansons », « nos familles », « nos inspirations », et tout en bas, en gris clair, « infos pratiques ». Pendant qu'elle me fait défiler la page, son téléphone sonne. C'est sa marraine. Elle veut l'adresse de la Bergerie de Malaveil.

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Constance et Aymeric se mariaient là-bas, en Corse, avec cent dix invités venus du continent. Leur site était magnifique. Il avait coûté trois week-ends de travail. Et il ne servait à rien.

Un site de mariage n'est pas un magazine sur votre couple. C'est le tableau de bord de l'invité, et la seule version vraie de l'information : le message de mars, la conversation de groupe et ce que la tante a compris n'en sont que des copies qui vieillissent. Reste à savoir par quel canal on y renvoie, et c'est un sujet à part : WhatsApp, email, SMS, site.

La bonne page répond d'abord aux cinq questions urgentes

En ouvrant le lien sur son téléphone, un invité doit trouver très vite :

  1. où il doit être ;
  2. à quelle heure ;
  3. comment répondre ;
  4. où dormir ;
  5. comment se déplacer.

Tout le reste est secondaire.

Je place donc en haut la date, le lieu ou la zone, le prochain geste attendu (souvent « répondre avant le… »), puis le programme essentiel. La jolie photo vient après si elle ralentit l'accès à l'information.

C'est moins romantique qu'une vidéo plein écran. C'est beaucoup plus attentionné à J-3, quand un oncle cherche le point de départ de la navette depuis un taxi.

Marion n'était pas d'accord, et elle m'a fait bouger

Marion, la photographe avec qui je travaille depuis vingt ans, a regardé la refonte que je proposais à Constance et elle a levé les yeux au ciel.

« Tu leur fais un formulaire administratif. Tu enlèves la seule chose qui donne envie de venir. Une page d'accueil sans une image, c'est une convocation. »

Elle avait raison, et j'ai révisé ma position. Ce que je retire, ce ne sont pas les images : ce sont les images qui retardent l'information. Une belle photo en bandeau, chargée vite, avec la date et le bouton RSVP posés dessus, ne coûte rien à personne. Une vidéo de douze secondes qui tourne avant de laisser apparaître un menu, si. Nous avons gardé une photo de Constance et Aymeric en haut, le bouton par-dessus.

Un mot de prudence sur ces images : avant de publier une photo où des proches sont reconnaissables, demandez-leur. Le droit à l'image s'applique aussi sur une page de mariage, même privée d'apparence, et la CNIL le rappelle clairement dans sa fiche sur le sujet.

Une architecture simple tient en six rubriques

Pour la plupart des mariages, voici ce qui suffit :

RubriqueCe qu'on y met
AccueilDate, lieu, information urgente éventuelle
RSVPPrésence, accompagnants autorisés, repas, allergies
ProgrammeLes moments auxquels l'invité est convié
Venir & dormirAdresse, transports, hôtels, navettes
Infos pratiquesDress code, enfants, parking, accessibilité
Cadeaux / contactCagnotte si elle existe, contact utile

Un mariage sur trois jours peut ajouter une rubrique « Le week-end » : vu du côté des invités, on sait vite ce qu'il faut y mettre. Une cérémonie sur plusieurs lieux peut avoir une carte. Mais chaque rubrique doit répondre à une vraie question.

La page « notre histoire » est très bien si elle vous fait plaisir. Simplement, ne la mettez pas entre l'invité et l'heure de la cérémonie.

Personnalisez ce que chacun voit

C'est ici que les sites modernes font une différence considérable.

Tous les invités n'ont pas besoin de la même information. Certains sont conviés au dîner du vendredi, d'autres seulement au samedi. Une famille avec enfants doit voir les modalités de garde ; un couple logé sur place n'a pas besoin du même trajet qu'un invité venant du port.

Un lien nominatif permet de montrer le bon programme, les bonnes questions de RSVP et les options réellement disponibles pour ce foyer. Cela évite surtout les maladresses : une personne ne découvre pas sur une page publique un événement auquel elle n'est pas conviée.

Dans Célestin, je préfère la logique de l'Espace invité : la page agrège l'information déjà attachée à l'invité au lieu de créer une deuxième base. C'est là que la différence avec un site fabriqué à part se voit vraiment. Quand l'heure de la navette bouge, je ne modifie pas une page, un tableur d'hébergement et un message groupé : je modifie une source, et les cent dix liens personnels disent tous la même chose la seconde d'après.

Le RSVP doit être plus intelligent qu'un formulaire

Un mauvais formulaire demande à tout le monde les mêmes choses et produit ensuite un tableau qu'il faut nettoyer.

Un bon RSVP sait déjà qui répond. Il peut demander la présence de chaque membre du foyer, les restrictions alimentaires, le besoin de navette ou d'hébergement, puis s'arrêter là.

Ne demandez pas le numéro de passeport « au cas où ». Ne demandez pas une adresse postale que vous n'utiliserez pas. Chaque champ supplémentaire fait baisser la qualité des réponses et augmente la quantité de données personnelles que vous devez protéger.

Une date limite et deux relances bien placées comptent davantage que la beauté du formulaire ; le détail de cette mécanique est dans RSVP de mariage : pourquoi certains invités ne répondent pas.

Les informations qui vieillissent doivent être datées

Un horaire de navette publié neuf mois avant n'est pas une information : c'est une promesse fragile.

Distinguez ce qui est certain de ce qui est à venir. « Les navettes seront organisées depuis deux hôtels ; horaires détaillés communiqués dix jours avant » est beaucoup plus propre que trois horaires provisoires que personne ne pense à corriger.

Même chose pour le dress code, le brunch, le parking ou le plan pluie. Si un détail peut encore changer, dites-le. Et si la date, elle, n'est pas encore certaine, n'ouvrez pas le site : envoyez d'abord un save the date honnête.

Lorsqu'une information change, ne comptez pas sur le fait que les invités reviendront spontanément sur la page. Le site est la source de vérité ; la notification est le messager.

Mobile d'abord, vraiment

Testez le site avec une seule main sur un téléphone. Pas sur votre ordinateur de bureau.

Les boutons doivent être faciles à toucher. L'adresse doit pouvoir être copiée. Les numéros doivent être cliquables. Le programme doit être lisible sans zoom. Évitez les PDF de quatre pages pour transmettre une information qui tient en huit lignes.

Testez aussi avec votre parent le moins à l'aise avec le numérique. Le père d'Aymeric a mis quatre minutes à trouver le bouton de réponse sur la première version ; il l'a trouvé en dix secondes sur la seconde. C'est le seul test qui m'intéresse : bien plus utile que de demander à quelqu'un qui connaît déjà votre site s'il le trouve joli.

Ce que je retire presque toujours

Je retire les longs textes d'introduction, les animations qui bloquent le chargement, les comptes à rebours qui prennent tout l'écran, les cartes avec vingt repères, et les informations internes aux prestataires.

Le numéro personnel du photographe et le timing de montage n'ont rien à faire là. L'invité a besoin de son expérience, pas des coulisses.

Le test des trente secondes

Donnez le lien à quelqu'un qui ne connaît pas votre mariage et demandez-lui : « Où dois-tu être samedi à 16 h ? Comment réponds-tu ? Où dors-tu ? »

S'il trouve trois réponses en trente secondes, le site fonctionne.

Constance a réduit son menu de dix-sept rubriques à six en une soirée. Rien n'a disparu : « notre histoire » est devenue une page unique, en bas, que quarante personnes ont ouverte. Sur les six semaines suivantes, elle a reçu quatre appels au lieu de trente. Sa marraine n'a jamais rappelé pour l'adresse.

Ensuite seulement, rendez-le beau. C'est là que Célestin doit se comporter comme un concierge : discret quand tout va bien, immédiatement utile quand quelqu'un a une question.

Sources officielles

  • CNIL, Droit à l'image sur internet : https://www.cnil.fr/fr/cnil-direct/question/le-droit-limage-sapplique-t-il-sur-internet

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.