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DécorationCélestin8 min de lecture
Une lanterne fixée sur un mur rose, décorée de fleurs séchées
Crédit : Mutecevvil / Pexels
Décoration

Décoration de mariageFaire soi-même, louer ou acheter

Trois options, trois façons de se tromper. Voici le calcul complet, celui qui compte le temps, le stockage et la revente, et qui donne rarement le résultat qu'on croit.

Par Evelyne Marchand8 min de lectureGuide de fond

Dans le garage de Rachida et Tom, il y a encore un carton, deux ans après leur mariage. Dedans : quarante-deux photophores en verre, six mètres de guirlande lumineuse, trente-quatre petits cadres dorés et un rouleau de jute que personne n'a jamais ouvert.

Rachida m'a montré ce carton en riant, l'été dernier, pendant qu'on préparait le mariage de sa sœur. « Le pire, c'est que j'avais tout calculé. J'avais fait un tableau. »

Elle avait fait un tableau, c'est vrai : prix d'achat des photophores contre prix de location, et l'achat gagnait largement. Ce que le tableau ne contenait pas : les trois week-ends passés à peindre des cadres, les deux allers-retours en camionnette empruntée, le matériel racheté en catastrophe parce que la peinture ne tenait pas, et les vingt-quatre mois de garage.

Le tableau n'était pas faux. Il était incomplet. C'est presque toujours le cas.

Le calcul complet, en cinq lignes

Quand un couple me demande s'il vaut mieux faire, louer ou acheter, je réponds toujours par la même grille. Cinq lignes, pour chaque poste de décoration.

  1. La matière. Le prix des choses. C'est la seule ligne que tout le monde remplit.
  2. Le temps. Le nombre d'heures que ça vous prendra, multiplié par ce que vaut une heure de votre week-end. Ne comptez pas en euros si ça vous gêne : comptez en soirées. « Ce centre de table me coûte quatre soirées de février. »
  3. Le transport et le stockage. Où ça dort d'ici là, comment ça arrive sur place, qui le porte.
  4. Le montage et le démontage le jour même. Une heure de montage, c'est une heure de quelqu'un, et ce quelqu'un est souvent votre témoin en tenue de mariage à 15 h.
  5. La sortie. Ce que ça devient après : revendu, donné, jeté, gardé.

Faites ce calcul une seule fois, sur un seul poste, et vous saurez le refaire sur tous les autres. La ligne 2 est celle qui renverse les décisions. La ligne 4, elle, se règle dans le déroulé de la journée, et pas la veille au soir : Le déroulé du jour J, minute par minute.

Ce que le DIY fait très bien

Je ne suis pas contre le fait-maison : j'ai vu des décors bricolés bien plus émouvants que des scénographies facturées au prix d'une voiture. Mais le DIY est bon sur un périmètre précis.

Il est excellent pour tout ce qui est petit, plat, unique et personnel : marque-places, plan de table, livret de cérémonie, signalétique, étiquettes, livre d'or, petits mots sur les serviettes. Ces objets-là racontent quelque chose de vous, ils ne pèsent rien, ils tiennent dans une caisse, et personne d'autre ne peut les faire à votre place.

Il est bon aussi pour tout ce qui se fabrique en série courte et en une seule session collective. Un samedi après-midi, quatre amis, une table, une playlist, et c'est plié. Le DIY qui marche est un DIY qui a une date de fin.

Ce que je vous demanderais de ne pas faire vous-même

Trois choses, et je suis catégorique parce que je les ai vues rater.

Les fleurs fraîches en grande quantité. Nathalie, fleuriste, me le dit chaque année : la fleur ne se stocke pas, elle ne pardonne pas la chaleur, et un bouquet monté la veille dans une cuisine à 24 degrés est fané à l'apéritif. Faire ses fleurs soi-même, ce n'est pas économiser : c'est passer le vendredi de son mariage debout, les mains mouillées, à 6 h du matin. Où mettre l'argent des fleurs, c'est un sujet à part entière : Fleurs : où mettre l'argent et où ne pas en mettre.

Tout ce qui est en hauteur ou électrique. Les suspensions au plafond, les guirlandes tendues, les branchements. C'est le lieu ou un professionnel qui s'en occupe, pour des raisons évidentes de sécurité et parce que la moitié des salles l'interdisent aux particuliers.

Le gâteau. Ce n'est pas de la déco, mais c'est le même raisonnement, et c'est la seule chose que j'ai vu s'effondrer littéralement. Une fois. Ça suffit.

Louer : ce n'est pas cher, ce sont les à-côtés qui le sont

La location a mauvaise réputation auprès des couples serrés, et elle ne la mérite pas : le prix affiché est presque toujours raisonnable. Ce qui surprend, ce sont les quatre lignes qui l'accompagnent.

La livraison et la reprise, facturées à part selon la distance. Le dépôt de garantie, restitué quelques semaines plus tard, qu'il faut donc avancer. Les créneaux imposés : livraison le vendredi après-midi, reprise le lundi matin, ce qui suppose que quelqu'un soit là le lundi matin, et cette personne, c'est rarement vous. Et la casse, facturée à l'unité.

Farid, qui loue du matériel entre Drôme et Vaucluse, m'a donné une phrase que je répète à tous mes couples : « Ce que je facture le plus cher, ce n'est pas le matériel. C'est le samedi. » Une livraison le samedi matin coûte souvent le double d'une livraison le vendredi. Décalez d'une journée et vous venez d'économiser le prix de vos centres de table.

PosteFaire soi-mêmeLouerAcheter
Vaisselle, verrerienonoui, presque toujoursnon
Mobilier, mange-deboutnonouinon
Nappage, textilerarementouisi réutilisé après
Photophores, bougeoirsachat + reventeoui si grande quantitéoui, se revend bien
Signalétique, papeterieouinonnon
Fleurs fraîchesnon·via fleuriste
Guirlandes, éclairagenonouiparfois

Chez soi ou dans un jardin, ces lignes-là pèsent encore plus lourd, parce qu'il n'y a rien sur place : j'ai fait le compte dans Le mariage chez soi ou dans un jardin : ce que ça coûte vraiment.

Acheter, puis revendre : la décote qu'on oublie

L'argument de l'achat, c'est toujours le même : « on revendra ». Alors parlons-en franchement.

La revente réduit le coût final, oui. Mais son montant et son délai sont imprévisibles, et je déconseille de bâtir un budget dessus : comptez zéro euro tant que l'objet n'est pas vendu. Il faut photographier, publier, répondre à quinze messages, et accepter qu'une partie des acheteurs ne vienne jamais.

Et surtout, elle arrive à un moment où vous n'en avez plus aucune envie. Le mois qui suit un mariage, on ne vend pas ses photophores : on dort, on part en voyage, on range le carton dans le garage en se disant qu'on s'en occupera. C'est là que le carton de Rachida et Tom est né.

Ma règle : achetez si l'objet vous servira après (de vraies guirlandes d'extérieur, des vases que vous garderez, une caisse à outils). Achetez si le lot est petit. Pour tout ce qui existe en quarante exemplaires et ne vivra qu'un jour, louez.

Ces décisions-là, je ne les laisse plus flotter dans une conversation. Chaque poste de déco devient une tâche datée dans Célestin, avec son échéance et son coût réel (matière, transport, location), et le budget se met à jour tout seul. La différence avec une liste de courses, c'est qu'à J-60 les tâches non faites remontent d'elles-mêmes, et qu'on voit en une seconde combien de week-ends il reste pour peindre trente-quatre cadres. En général, on arrête d'en vouloir trente-quatre.

Trois questions à se poser ce soir

Prenez votre liste de décoration, et pour chaque ligne, trois questions.

Combien de soirées est-ce que ça coûte, et est-ce que j'ai ces soirées entre aujourd'hui et le jour J ?

Qui l'installe le jour même, à quelle heure, et cette personne a-t-elle déjà un autre rôle à ce moment-là ?

Qu'est-ce que j'en fais le lundi matin ?

Sans réponse à la troisième, vous êtes en train de fabriquer un carton de garage. Rachida a fini par vendre ses photophores à sa propre sœur, l'été dernier. Trente pour cent du prix d'achat. Elle a trouvé ça très drôle, et Tom un peu moins.

Ce que je souhaite à tous mes couples, c'est un jour J où personne ne visse rien. Que votre déco vive dans un carton, chez un loueur ou dans une ligne de Célestin, ça n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est qu'elle soit finie le mercredi.

À propos de l'auteur

Evelyne Marchand

Voix éditoriale, wedding planner

Wedding planner depuis 1996, un peu plus de six cents mariages. Elle a commencé avec un agenda papier et un téléphone fixe. Elle écrit ici sur ce que l'organisation d'un mariage demande vraiment : les arbitrages, les délais, les familles, et ce qu'il faut prévoir quand le plan A tombe.

Note de la rédaction : Note de la rédaction : Evelyne Marchand est la voix éditoriale de Célestin : wedding planner de métier, elle raconte des cas composites, prénoms et détails modifiés.